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MÉTIERS D’ART : LE TEMPS DE L’ENGAGEMENT CONSULAIRE
CMA France redonne une voix nationale aux métiers d’art et affirme une volonté politique de structurer leur accompagnement.

Vacant depuis plusieurs années, le poste de référent national métiers d’art de CMA France (Chambre de Métiers et de l’Artisanat) est désormais confié à Franck Lavillonnière, qui rejoint le jury Artisanat d’art de la Fondation nationale Banque Populaire. Une nomination qui traduit un choix politique : accorder une juste place aux métiers d’art, les intégrer au cœur des réflexions consulaires et structurer leur soutien sur l’ensemble du territoire.
« Il y a une vraie volonté politique, bien assumée par CMA France et le réseau des chambres en région, d’accompagner les entreprises métiers d’art. » Cette orientation s’appuie sur une prise de conscience des élus face à un état de fait : le poids économique, culturel et touristique de ces ateliers. « Aujourd’hui, on s’aperçoit que les métiers d’art apportent une réelle valeur ajoutée sur les territoires, notamment pour redynamiser les centres-bourgs. »
La mission du référent national consiste d’abord à dresser un état des lieux des dispositifs régionaux pour favoriser une offre plus cohérente. Car les besoins restent très spécifiques. « La communication n’y est pas la même que dans les autres activités artisanales. » L’accompagnement doit aussi prendre en compte la fragilité de certains ateliers et la complexité de leurs statuts.
Une génération qui bouscule les codes
Sur le terrain, Franck Lavillonnière observe l’émergence d’une génération audacieuse qui associe maîtrise technique, esprit d’entreprise et capacité à communiquer. « Ces jeunes chefs d’entreprise sont à la fois artisans, communicants et entrepreneurs. Ils bousculent les codes et font preuve d’une vraie maturité de pensée. » Les collaborations se multiplient sans altérer le cœur de la démarche : «L’atelier, le savoir-faire et la manière de faire sont indissociables du résultat. »
Un constat pleinement partagé au sein de la Fondation Banque Populaire par Gérard Desquand, figure historique du jury et ancien président de l’INMA : « Beaucoup ont des Masters ou des Doctorats et choisissent de mettre les mains dans la matière. Ils ont un souci d’avenir, travaillent sur de nouvelles méthodes de production, plus écologiques, et s’organisent en collectifs. En créant une véritable communauté autour d’eux, nous les aidons à collaborer et à se projeter à l’international. »
Un regard croisé au sein du jury
Du côté de la Fondation, l’arrivée de Franck Lavillonnière marque une alliance naturelle entre le terrain et le soutien à la création. « Avoir un référent national au jury est une excellente chose. Franck possède la connaissance du réseau consulaire pour ouvrir des portes et prolonger l’accompagnement de nos lauréats », souligne Gérard Desquand.
Pour Franck Lavillonnière, ce rôle offre en retour un point d’observation privilégié sur ces parcours d’exception. Un croisement de perspectives où l’appui du réseau consulaire et la vitalité des lauréats de la Fondation s’enrichissent mutuellement.
Propos recueillis par Béatrice Prestage.

