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Lettres de musiciens confinés

Le Covid-19 a bouleversé la vie musicale. La fermeture pendant plusieurs mois des salles de concert, dans le monde entier, a mis un coup d’arrêt à tout le secteur. Dans leur confinement, les artistes, après l’effarement des premiers jours se sont mis à trouver d’autres moyens d’expressions : concerts au balcon, vidéos en ligne, mais aussi l’écriture.

Nombreux ont été les lauréats à confier à la Fondation leurs pensées très personnelles pendant cette période. Et ces écrits ne sauraient rester lettre morte car la période est historique ! La Fondation et La Lettre du Musicien ont donc décidé de co-éditer un recueil qui rassemble treize lettres de compositeurs ou interprètes confinés.

  • Tomas Bordalejo, pour qui le Silence est vécu comme « une mort » : « Sonner, résonner, c’est exister »…
  • Silence qui, au contraire, « s’est écoulé comme un baume (…) a fait son œuvre, tout comme la nuit porte conseil » pour les membres du trio Karénine,
  • Sébastian Ené, pianiste devenu poète : « La Rose du silence ».
  • Rêver à nouveau… D’où l’aspiration à un nouvel humanisme, une écologie de leur métier, un retour au « pur plaisir de la musique », comme l’espère la pianiste Jodyline Gallavardin.
  • Rejointe par l’accordéoniste Vincent Lhermet, inquiet de constater que « les étudiants musiciens ont tout simplement cessé de rêver », happés et déjà « épuisés » par les impératifs de la course au succès.
  • Pour autant, si le confinement fut propice à la lucidité, il a heureusement jeté la lumière sur les bienfaits de la musique et son rôle quasi thérapeutique face aux angoisses provoquées par le « grand lavage anthropologique au drôle de nom : Covid-19 », écrit, le violoniste Grégoire Girard.
  • Hélène Fouquart, salue quant à elle joliment et confirme les vertus solidaires du confinement.
  • Benoît Menut, invite chacun à revisiter et pourquoi pas, à refonder, ses actions, ses projets et ses utopies -pour éviter peut-être l’amère déception d’un « monde d’après » beaucoup trop semblable au « monde d’avant » : « Moi, je suis compositeur, dompteur de tigres de papier, je vends du vent qui sonne au coeur, du support de présent aux interprètes… »
  • Alex Nante, « La quarantaine m’a trouvé à Buenos Aires… »
  • Camille Pépin, « … Mais ce qui me manque le plus, c’est l’échange avec mes interprètes. »
  • Astrig Siranossian, « Mercredi 4 mars 2020 sur la route de Standford à Los Angeles, une annonce vient de retentir dans notre taxi bus : l’état de Californie a décrété l’urgence sanitaire ! Le concert de Stanford aura donc été le dernier…« 

Ces musiciens, tous lauréats de la Fondation, livrent des réflexions tour à tour poétiques, sociales, politiques. Au-delà du confinement, ils font part de leurs réflexions sur le monde d’après.

 

Ce recueil contient également :

  • Une préface d’Antoine Pecqueur, directeur de la rédaction de La Lettre du Musicien,
  • une introduction de Rodolphe Bruneau- Boulmier, conseiller artistique de la Fondation,
  • des photographies de Philippe Hersant « Les toits de Paris », président du jury musique de la Fondation. « Il devait passer quelques jours à Florence. Mais il est à Montmartre en ce mois de mars 2020. A la fenêtre,  » une très agréable toile de fond à laquelle je ne prêtais qu’une attention distraite », écrit-il. L’enfermement ouvre-t-il les yeux ou bien libère-t-il du quotidien qui accapare ? » Philippe Hersant (re) compositeur des toits de Paris par Anne-Sandine di Girolamo.
  • des dessins signés Rodho.

 

La Fondation Banque Populaire et La Lettre du musicien ont décidé de reverser les recettes des ventes de ce livre à l’association « Donnons pour Démos ».

Certains propos ont été extrait de l’article d’Emmanuelle Giuliani, La Croix

Entretien d’Antoine Pecqueur par Anne-Sandrine Di Girolamo – Gang Flow