Image de décoration du fil d'ariane

La géoverrerie ou l'art nouveau du verre

Dans la mouvance des nombreuses recherches contemporaines liées à l’utilisation de nouveaux matériaux dans la création artistique, la géoverrerie se présente comme une nouvelle voie de valorisation des déchets de la filière halieutique.
Upcycling, la géoverrerie, moyen de création artistique et d’expérimentation scientifique permet à son inventrice Lucile Viaud de métamorphoser des matières délaissées diverses, des algues bretonnes au sable du Rouergue, en matériaux d’exception.

Entre étude des géographies régionales et art millénaire de la création verrière, la géoverrerie met en lumière une idée simple : celle de l’importance fondamentale du choix des matières premières sur l’aspect esthétique et visuel du verre.
Conscients du caractère testimonial de ce verre nouveau, scientifiques et chercheurs s’intéressent à cette nouvelle manière de sublimer un patrimoine naturel local.

A l’origine de cet étonnant projet transdisciplinaire, Lucile Viaud, artiste-chercheure diplômée de l’École Boulle, passionnée par le lien entre science et art. Depuis le lancement de son atelier en 2015, elle sillonne la France à la recherche de nouveau matériaux oubliés afin de les intégrer à son révolutionnaire processus de création verrier.

De ces recherches sont nés deux verres : l’un marin, issu des déchets coquillers bretons et l’autre terrestre, formé à partir de matériaux rescapés des paysages aveyronnais. La collecte des matières s’effectue en partenariat avec des acteurs locaux dans un principe de valorisation. L’expérimentation se poursuit désormais autour de matières récupérées dans d’autres territoires français : le Grand Est et les îles du Ponant.

Réalisés sous l’égide de sa marque Ostraco, Lucile Viaud développe de nombreux objets pour la maison, en collection ou en série limitée. Elle met en avant deux techniques de formation du verre à travers la création de ses pièces, une à la main qu’elle met en pratique seule, et celle soufflée, pour laquelle elle fait appel au savoir-faire du maître verrier Stéphane Rivoal.

A travers la création artistique, Lucile Viaud développe un véritable discours de sensibilisation environnemental qu’elle souhaite à destination du plus grand nombre. C’est pourquoi elle s’associe à des personnalités issues de différents domaines comme des chercheurs, des galeries d’art, etc… pour promouvoir son engagement à la fois dans le monde artistique comme dans la communauté scientifique.

Plus de cinq ans après le début des premiers tests, la géoverrerie continue d’élargir le champ de la revalorisation de matériaux dans le domaine artistique tout en proposant aux scientifiques un objet de réflexion et d’étude autour des richesses locales. Un projet ambitieux et plein d’espoir mené de main de maître par une Lucile Viaud bien décidée à lutter pour la préservation du patrimoine naturel.

 

© Mia Garcia-Becerra pour la Fondation d’entreprise Banque Populaire