Antonin Pons Braley

Héliograveur

Lauréat de la Fondation Banque Populaire en 2014

Présenté par la Banque Populaire Occitane

Comment arriver à cette morsure qui sera assez juste pour que l’objet se mette à respirer tout seul ?

De ses recherches dans les régions arctiques où il réside une partie de l’année, et de sa découverte en autodidacte de l’héliogravure, Antonin Pons Braley, philosophe, artiste, éditeur et chercheur insatiable, fait émerger une œuvre qui se joue des frontières entre les différents langages créatifs. Son « archive de la disparition » déclinée dans ses matrices de cuivre si sensibles, lui vaut d’être nommé lauréat de la Fondation Banque Populaire. Antonin dirige par ailleurs le collectif berlinois Tumuult.

Témoignage :

Orner le cuivre en révolutionnant la technique de l’héliogravure… C’était osé, voire révolutionnaire mais étant donné mon parcours atypique, je ne me sentais pas complètement autorisé. La reconnaissance par un jury d’artisans d’art d’exception, outre qu’elle m’a permis de financer mon projet, a été un moment-clé pour franchir le pas : j’étais adoubé par mes pairs et pouvais me sentir légitime à poursuivre ma recherche. Mon métier est à la croisée du contemplatif et de l’utile, du spirituel et du matériel. Il suppose aussi un grand respect du quotidien : quand j’orne le cuivre, je travaille un objet destiné à l’usage mais qui respirera peut-être de lui-même. Mon travail est de guider cette « aura » dans la matière pour qu’elle se déploie et recrée un espace où, finalement, c’est le temps qui se dilate. Comme s’il ne s’agissait pas tant de mordre le cuivre que de sculpter la lumière !